« Histoire de l'hydromel » : différence entre les versions
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Louise Bourgeois souligne à raison l'importance du choix du miel, et recommande du miel de Narbonne. | Louise Bourgeois souligne à raison l'importance du choix du miel, et recommande du miel de Narbonne. | ||
== L'hydromel | === Traité complet de l'éducation des abeilles, Jean-Claude Pingeron, 1781 === | ||
Dans une note d'un traité sur les abeilles, M. Pingeron note quelques détails sur l'hydromel fabriqué par les peuples du Nord de l'Europe :<blockquote>Les Peuples du Nord retirent de très grands avantages de leurs Abeilles ; ils en magent le miel ; le font entrer dans nombre de leur ragoût, et en composent un breuvage nommé Miod, et en françois Hydromel. Ils le délayent pour cela dans de l'eau pure et le laissent fermenter. Cette liqueur, qui est plus ou moins bonne, selon les soins que l'on apporte en la faisant, et selon la qualité du miel, ressemble au vin de Malaga pour la couleur</blockquote>Au vu de cette description d'un hydromel très sombre, il y a fort à parier que les hydromels décrits étaient très oxydatifs. | |||
Jean-Claude Pingeron poursuit ensuite : | |||
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9742584n/f183.item | |||
== XIXème siècle == | |||
A mesure que l'on se rapproche de l'époque contemporaine, les sources de recettes se multiplient, notamment dans les revues dédiées à l'apiculture. On note ainsi les recettes suivantes au XIXe siècle : | |||
=== Petit traité d'apiculture, Henri Hamet, 1856 === | |||
[[Fichier:Petit Traité d'apiculture, Henri Hamet.png|vignette|391x391px|[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9600785s/f79 Petit Traité d'apiculture, Henri Hamet]]] | |||
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9600785s/f79 | |||
Henri Hamet s'adresse aux apiculteurs, et propose plusieurs recettes d'hydromel :<blockquote>Il faut mettre dans un chaudron de cuivre le miel et l'eau nécessaire, c'est-à-dire un demi kilo de miel par litre et demi d'eau pure; faire bouillir à petit feu, jusqu'à réduction d'environ un tiers du liquide ; avoir soin d'enlever l'écume à mesure qu'elle se forme, et veiller à ce que le feu soit régulier et peu fort. Au bout de trois ou quatre heures d'ébullition modérée, il faut verser la boisson dans un cuvier, la laisser refroidir et la décanter. On l'entonne alors dans un tonneau bien propre et sans mauvais goût, que l'on a soin de bien emplir. On place ce tonneau dans un lieu dont la température est de 15 à 20 degrés centigrades. Au bout de deux ou trois jours la fermentation s'établit ; elle est tumultueuse d'abord ; mais au bout de quelques jours elle se calme, et l'on a soin de remplir le tonneau avec de la boisson que l'on a mise en réserve dans quelque cruchon. Après six semaines toute fermentation apparente est terminée, et l'on peut placer le tonneau dans un cellier ou dans une cave sèche. Quelquefois on provoque la fermentation en ajoutant un peu de levûre de bière ; mais cela n'est pas indispensable. On peut aussi modifier le goût de la liqueur en plaçant dans la chaudière quelques fleurs à arome prononcé, de la coriandre, de la cannelle, etc. Plus l'hydromel est vieux, plus il acquiert de qualité, lorsqu'il a été fait dans de donnes conditions.</blockquote>Henri Hamet propose également une deuxième recette de "miod", moins noble que le premier hydromel. Il le réalise avec les résidus d'extraction du miel, en lavant les rayons. Le ratio est d'environ un kilo de miel pour 6 à 12 litres d'eau. L'auteur propose également de compléter avec du sucre brut, de la cassonade, puis des fruits après la fermerntation (groseilles, framboises, cerises guignes ou bigarreaux, merises)., ou encore des plantes, racines ou fleurs aromatiques. | |||
L'hydromel proposé par M. Hamet donne une densité initiale d'environ 1.130 (0.5kg de miel pour 1.5kg d'eau, mélange réduit d'un tiers ce qui donne 0.5kg de miel pour 0.8 L d'eau, ou 0.5kg de miel pour une cuvée de 1.2L). Le contrôle de la fermentation est inexistant. | |||
Le Miod proposé par M. Hamet donne une densité initiale de 1.023 à 1.044, soit un potentiel de 3 à 6% d'alcool. Hamet avertit qu'embouteiller cet hydromel après un mois de fermentation donne une boisson pétillante qui risque de casser les bouteilles. Pour un tel potentiel alcoolique, il est surprenant d'avoir une période de fermentation si longue. Il est probable que l'absence d'ajout de levures dans un moût bouilli soit responsable, au moins en partie, de cette fermentation si languissante et peu contrôlée. | |||
== Les techniques de fabrication anciennes et ancestrales == | == Les techniques de fabrication anciennes et ancestrales == | ||